
đââïžIntroduction
La premiĂšre semaine complĂšte de fĂ©vrier 2026 confirme que les cybermenaces et les rĂ©ponses institutionnelles continuent dâĂ©voluer rapidement, influencĂ©es par lâintelligence artificielle, la gĂ©opolitique et les besoins de sĂ©curitĂ© des Ătats et des entreprises. On observe une multiplication des actions judiciaires, des attaques motivĂ©es politiquement et une pression accrue sur les dĂ©fenses numĂ©riques Ă lâĂ©chelle globale.
đŒZoom France
1- LâIA gĂ©nĂ©rative face aux attaques informatiques
LâIA gĂ©nĂ©rative – notamment les grands modĂšles de langage (GLM) ou large language model (LLM) – est de plus en plus intĂ©grĂ©e dans des outils, services et processus numĂ©riques. Cela apporte des bĂ©nĂ©fices significatifs (crĂ©ation de contenu, automatisation, aide Ă la dĂ©cision), mais aussi des risques nouveaux en cybersĂ©curitĂ©.
đĄïž IA gĂ©nĂ©rative utilisĂ©e comme levier par des attaquants
LâANSSI souligne que les outils dâIA gĂ©nĂ©rative sont dĂ©jĂ utilisĂ©s par des acteurs malveillants pour :
- Profilage et veille : analyser des cibles et identifier leurs vulnérabilités plus rapidement.
- Ingénierie sociale améliorée : création de messages, courriels ou contenus convaincants pour du phishing ou du social engineering.
- Soutien au dĂ©veloppement de code malveillant : automatisation de certaines Ă©tapes dans la crĂ©ation ou lâadaptation de programmes malveillants.
Cependant, Ă ce stade, lâANSSI prĂ©cise quâaucun systĂšme dâIA gĂ©nĂ©rative nâa Ă©tĂ© capable de mener de maniĂšre totalement autonome une attaque informatique complĂšte.
đŻ IA gĂ©nĂ©rative, aussi cible des cyberattaques
Les systĂšmes dâIA eux-mĂȘmes peuvent ĂȘtre victimes dâattaques, par exemple :
- Empoisonnement de modĂšles (data poisoning) : altĂ©ration des donnĂ©es dâentraĂźnement pour manipuler les rĂ©ponses ou comportements.
- Compromission de chaĂźnes logicielles : attaques visant les dĂ©pendances ou pipelines DevOps qui entourent les systĂšmes dâIA.
- Exfiltration de donnĂ©es sensibles depuis des environnements oĂč des modĂšles sont entraĂźnĂ©s ou opĂ©rĂ©s.
â© Ăvolution rapide de la menace
LâANSSI insiste sur la rapiditĂ© dâĂ©volution de lâusage de lâIA dans les attaques et le besoin constant de réévaluer rĂ©guliĂšrement les risques associĂ©s.
đ Points clĂ©s complĂ©mentaires
Pour bien comprendre lâenvironnement global :
- Les cybercriminels utilisent déjà des IA pour créer :
- des emails de phishing plus convaincants et personnalisés, plus difficiles à détecter par des filtres classiques.
- des sites frauduleux imitant des portails légitimes en quelques secondes (phishing web automatisé).
- Types dâattaques spĂ©cifiques identifiĂ©s par des experts :
- Prompt injection et manipulation des modĂšles par des requĂȘtes malveillantes pour altĂ©rer leurs comportements attendus.
- Malwares et campagnes sophistiquées assistés par IA (création de codes malveillants ou outils dédiés à la fraude).
- La menace sâĂ©tend aussi au niveau gĂ©opolitique :
- Des acteurs Ă©tatiques utilisent lâIA pour automatiser et intensifier les cyber opĂ©rations offensives (phishing, dĂ©sinformation, intrusion), comme indiquĂ© dans plusieurs rapports rĂ©cents.
đ§ En rĂ©sumĂ©
LâIA gĂ©nĂ©rative est un outil Ă double tranchant :
- Elle amplifie les capacités des cyberattaquants (phishing, profilage, développement), mais
- Elle nâest pas encore autonome dans la conduite complĂšte dâattaques complexes, selon lâANSSI.
De plus, les systĂšmes dâIA eux-mĂȘmes sont des cibles potentiels pour des attaques visant Ă compromettre leur intĂ©gritĂ© ou voler des donnĂ©es.
La menace Ă©volue rapidement, ce qui nĂ©cessite une vigilance accrue, des approches de sĂ©curitĂ© dĂ©diĂ©es Ă lâIA, et une actualisation rĂ©guliĂšre des mesures de dĂ©fense.
(sources : cyber.gouv.fr, powerdmarc.com, axios.com)
2- Perquisition des locaux de X en France
Le mardi 3 fĂ©vrier 2026, les autoritĂ©s françaises ont perquisitionnĂ© les bureaux de la plateforme sociale X (anciennement Twitter) Ă Paris, dans le cadre dâune enquĂȘte judiciaire ouverte en janvier 2025. Cette action a Ă©tĂ© conduite par la section de lutte contre la cybercriminalitĂ© du parquet de Paris, avec lâappui de la Gendarmerie nationale et dâEuropol.
LâenquĂȘte avait initialement portĂ© sur des soupçons de manipulation algorithmique et dâextraction frauduleuse de donnĂ©es, suite Ă des signalements de responsables politiques et de cybersĂ©curitĂ© concernant des changements dans les algorithmes de X qui auraient favorisĂ© certains contenus.
Lâattention portĂ©e Ă Grok
Lâinvestigation sâest Ă©tendue rĂ©cemment Ă Grok, lâoutil dâintelligence artificielle intĂ©grĂ© Ă X par la filiale xAI. Des utilisateurs ont exploitĂ© Grok pour gĂ©nĂ©rer deepfakes Ă caractĂšre pornographique – parfois impliquant des mineurs ou des personnes rĂ©elles sans consentement.
En France, ce type de contenu illĂ©gal est puni par la loi : le montage ou la diffusion sans consentement de telles images peut entraĂźner jusquâĂ deux ans dâemprisonnement et 60 000 ⏠dâamende.
Conséquences pour Elon Musk et X
- Le parquet a convoqué Elon Musk (propriétaire de X) ainsi que Linda Yaccarino (ancienne directrice générale de X) pour une audition libre programmée le 20 avril 2026 pour leur rÎle dans la gestion de la plateforme.
- Cette perquisition ne signifie pas une mise en accusation immĂ©diate, mais marque une Ă©tape importante dans lâenquĂȘte visant Ă dĂ©terminer si X et son IA ont enfreint la loi.
Réactions
Le groupe X a qualifiĂ© lâopĂ©ration de âmotivĂ©e politiquementâ et infondĂ©e, affirmant quâil nâa commis « la moindre infraction », et dĂ©nonçant un acte judiciaire abusif.
Contexte plus large
- LâautoritĂ© française Arcom a dĂ©jĂ alertĂ© publiquement sur la diffusion de contenus intimes non consentis gĂ©nĂ©rĂ©s par Grok, incitant Ă signaler ces contenus pour faire respecter le Digital Services Act (DSA) de lâUE.
- LâenquĂȘte en France sâinscrit dans une sĂ©rie dâactions rĂ©glementaires europĂ©ennes contre X et ses outils dâIA, notamment autour de la modĂ©ration des contenus et de la conformitĂ© au DSA.
(sources : journaldugeek.com, francesoir.fr, french.news.cn, arcom.fr)
3- Numspot en bonne voie vers la certification SecNumCloud
Numspot, le fournisseur de cloud nĂ© dâune alliance entre Docaposte, Bouygues Telecom, Dassault SystĂšmes et la Banque des Territoires, annonce une renforcement de ses garanties sĂ©curitaires pour mieux rĂ©pondre aux besoins des secteurs rĂ©gulĂ©s (santĂ©, finance, administrations).
đ Nouvelles certifications
- Extension de la certification ISO 27001 aux services managĂ©s cloud et IA : cela signifie que non seulement lâinfrastructure interne, mais aussi les services opĂ©rationnels (cloud et IA) sont dĂ©sormais couverts par un systĂšme de gestion de la sĂ©curitĂ© de lâinformation conforme Ă la norme internationale la plus reconnue.
- Obtention du label HĂ©bergeur de DonnĂ©es de SantĂ© (HDS) : indispensable pour hĂ©berger lĂ©galement des donnĂ©es de santĂ© en France et dans lâUnion europĂ©enne.
Ces jalons permettent Ă Numspot dâadresser des projets critiques rĂ©glementĂ©s (santĂ©, industries sensibles, fintechs, etc.) avec une sĂ©curitĂ© et une conformitĂ© reconnues. Lâentreprise met aussi en avant une architecture hybride et indĂ©pendante facilitant les dĂ©ploiements en environnements mixtes (cloud public, privĂ© ou on-premise).
đŻ Objectif : obtenir le label SecNumCloud
Lâarticle prĂ©cise que Numspot est en train de finaliser son dossier pour obtenir la qualification SecNumCloud, dĂ©livrĂ©e par lâANSSI – considĂ©rĂ© comme le plus haut niveau de sĂ©curisation pour les clouds opĂ©rant en France. Ce label nâest pas seulement technique : il impose Ă©galement des critĂšres de gouvernance, dâindĂ©pendance juridique et de protection contre les lois extraterritoriales (comme le Cloud Act amĂ©ricain), ce qui est un facteur diffĂ©renciant pour les marchĂ©s publics ou rĂ©gulĂ©s.
Si vous voulez plus de dĂ©tails sur la certification SecNumCloud, je vous invite Ă jeter un Ćil Ă l’article que j’ai rĂ©digĂ© ici : SecNumCloud.
đ Contexte & importance du sujet
- 1. La souveraineté des données pÚse désormais dans les choix des entreprises
- Selon une étude récente, 60 % des RSSI français considÚrent la souveraineté numérique comme un critÚre essentiel dans le choix de leurs fournisseurs cloud, reflétant une demande forte de solutions locales et contrÎlées.
- 2. Le label SecNumCloud reste un objectif stratégique
- Dâautres acteurs français (comme Scaleway ou Free Pro) sâengagent Ă©galement dans des dĂ©marches similaires pour obtenir la qualification SecNumCloud, ce qui illustre la montĂ©e en puissance de ce rĂ©fĂ©rentiel comme norme de facto sur le marchĂ© français du cloud sĂ©curisĂ©.
- 3. Contexte réglementaire européen
- Au niveau europĂ©en, la certification des services cloud est en cours de rĂ©vision dans le cadre du Cybersecurity Act, mais sans critĂšres juridiques liĂ©s Ă la localisation ou Ă lâexposition aux lois Ă©trangĂšres, ce qui renforce lâattrait pour des labels nationaux comme SecNumCloud pour les donnĂ©es sensibles.
đ§ Pourquoi câest pertinent pour la cybersĂ©curitĂ©
- 1- SĂ©curitĂ© renforcĂ©e : lâextension ISO 27001 et HDS montre que Numspot sĂ©curise non seulement son infrastructure, mais aussi les services cloud et IA, ce qui est crucial face aux menaces modernes.
- 2- Conformité réglementaire : obtenir et afficher des certifications reconnues rassure les organisations régulées (santé, finance, assurance).
- 3- Souveraineté numérique : en visant SecNumCloud, Numspot répond à un besoin stratégique français et européen de garder le contrÎle des données sensibles en dehors des juridictions étrangÚres.
(sources : numspot.com, usine-digitale.fr, usine-digitale.fr, usine-digitale.fr, usine-digitale.fr)
đZoom International
1- Mécanismes de mise à jour de Notepad++ détournés
Entre juin et dĂ©cembre 2025, le mĂ©canisme de mise Ă jour automatique de Notepad++ – un Ă©diteur de texte trĂšs utilisĂ© – a Ă©tĂ© compromis dans le cadre dâune attaque ciblĂ©e de la chaĂźne dâapprovisionnement.
đŻ Comment lâattaque a fonctionnĂ©
- Les pirates ont compromis lâinfrastructure dâhĂ©bergement mutualisĂ© du site officiel (notepad-plus-plus.org). Cela leur a permis dâintercepter et rediriger le trafic de mise Ă jour.
- Ce nâĂ©tait pas une faille dans le logiciel lui-mĂȘme, mais une compromission au niveau de lâinfrastructure.
- Lorsquâun utilisateur lançait une mise Ă jour depuis le logiciel, sa requĂȘte pouvait ĂȘtre dĂ©tournĂ©e vers un serveur contrĂŽlĂ© par les attaquants, qui fournissait alors une version malveillante.
đ”ïžââïž Qui Ă©tait visĂ© ?
- Lâattaque Ă©tait hautement ciblĂ©e, visant certains utilisateurs spĂ©cifiques plutĂŽt que tous les utilisateurs. Les dĂ©tails techniques suggĂšrent que les victimes reprĂ©sentaient des organisations avec intĂ©rĂȘts en Asie de lâEst.
- Plusieurs chercheurs et entreprises de cybersĂ©curitĂ© estiment que les responsables sont probablement liĂ©s Ă un groupe soutenu par lâĂtat chinois.
âđ» DurĂ©e et dĂ©roulement
- La compromission a débuté en juin 2025.
- Le fournisseur dâhĂ©bergement a perdu un accĂšs direct lors dâune maintenance le 2 septembre 2025, mais les attaquants avaient dĂ©jĂ obtenu des identifiants internes, ce qui leur a permis de continuer Ă dĂ©tourner du trafic jusquâau 2 dĂ©cembre 2025.
- Cela reprĂ©sente donc â 6 mois de dĂ©tournement.
đĄïž RĂ©ponse et correctifs
Pour rĂ©pondre Ă lâincident, lâĂ©quipe de Notepad++ a mis en place plusieurs mesures :
- Migration et sĂ©curitĂ© de lâinfrastructure
- Le site a été déplacé vers un nouvel hébergement plus sécurisé.
- Renforcement du mécanisme de mise à jour
- Lâoutil de mise Ă jour WinGup a Ă©tĂ© modifiĂ© pour :
- Vérifier à la fois le certificat et la signature numérique de chaque installateur téléchargé.
- Ajouter une signature XML pour le manifeste de mise Ă jour, ce qui rend plus difficile toute modification malveillante.
- Lâoutil de mise Ă jour WinGup a Ă©tĂ© modifiĂ© pour :
- Versions recommandées
- Les versions 8.8.9 et ultérieures intÚgrent ces renforcements ; des vérifications encore plus strictes arriveront avec la version 8.9.2.
đ Ce que cela montre
Cette attaque rappelle quâune chaĂźne dâapprovisionnement logicielle peut ĂȘtre attaquĂ©e au niveau de ses infrastructures de distribution – mĂȘme si le logiciel lui-mĂȘme est sain.
Lâaffaire met en lumiĂšre lâimportance des vĂ©rifications de signatures numĂ©riques, des serveurs sĂ©curisĂ©s et des audits rĂ©guliers des mĂ©canismes de mise Ă jour.
(sources : it-connect.fr, secure.com, arstechnica.com)
2- Deux failles critiques exploitées dans EPMM (Ivanti)
LâĂ©diteur Ivanti a publiĂ© fin janvier 2026 des correctifs dâurgence pour son outil Endpoint Manager Mobile (EPMM), une solution de gestion des terminaux mobiles en entreprise.
đ ïž Les vulnĂ©rabilitĂ©s corrigĂ©es
Ivanti a identifié et corrigé deux failles critiques :
- CVE-2026-1281
- CVE-2026-1340
Type et impact :
- Ce sont des vulnĂ©rabilitĂ©s dâinjection de code pouvant permettre Ă un attaquant non authentifiĂ© dâexĂ©cuter du code arbitraire Ă distance (Remote Code Execution).
- Elles ont chacune un score de gravitĂ© CVSS de 9,8/10, ce qui les classe comme extrĂȘmement critiques.
Ces deux failles permettent à des attaquants externes sans authentification de compromettre un serveur EPMM vulnérable.
đ Exploitation rĂ©elle
Ivanti a indiqué que un nombre trÚs limité de clients a déjà été exploité par ces failles avant leur divulgation publique.
Une des deux CVE a Ă©tĂ© ajoutĂ©e au catalogue des vulnĂ©rabilitĂ©s exploitĂ©es (KEV) par la CISA amĂ©ricaine, soulignant lâexploitation active.
𧰠Produits et versions concernées
Les vulnĂ©rabilitĂ©s affectent plusieurs versions dâEPMM notamment :
- Versions 12.5.0.x, 12.6.0.x, 12.7.0.x
- Versions 12.5.1.0 et 12.6.1.0
đ©č Comment corriger
Ivanti nâa pas publiĂ© de version totalement mise Ă jour, mais des correctifs autonomes (RPM) Ă appliquer manuellement :
- Un patch pour la gamme 12.x.0.x
- Un autre pour la gamme 12.x.1.x
â ïžCes scripts doivent ĂȘtre rĂ©installĂ©s aprĂšs chaque mise Ă jour de version, car ils ne « survivent » pas Ă un upgrade logiciel.
La correction permanente est prĂ©vue pour la version 12.8.0.0 dâEPMM.
đ”ïžââïž Risques annexes et recommandations
- Impact sur Sentry
- Bien que le produit Sentry Gateway – qui achemine le trafic des terminaux mobiles vers lâinfrastructure interne – ne soit pas directement vulnĂ©rable, un EPMM compromis pourrait permettre de compromettre Sentry aussi, car EPMM peut exĂ©cuter des commandes sur ce dernier.
- Ivanti fournit des conseils pour analyser un systĂšme potentiellement compromis, notamment :
- Examiner les journaux HTTP pour repĂ©rer des requĂȘtes suspectes.
- Chercher des fichiers WAR ou JAR inattendus, signe dâimplantation malveillante.
- Vérifier les comptes administrateurs, politiques et configurations réseau pour détecter des modifications non autorisées.
- Si un appareil EPMM a été compromis, Ivanti recommande :
- Restaurer depuis des sauvegardes propres.
- RĂ©initialiser tous les mots de passe dâadministration et de services.
- Révoquer et remplacer les certificats publics.
- Examiner les systĂšmes auxquels le serveur pourrait avoir accĂšs.
đ En rĂ©sumĂ©
- Ivanti corrige deux failles critiques dâexĂ©cution de code Ă distance sur EPMM dĂ©jĂ exploitĂ©es dans la nature.
- Ces vulnérabilités permettent à des attaquants non authentifiés de prendre le contrÎle de serveurs EPMM vulnérables.
- Des patchs manuels sont disponibles et doivent ĂȘtre appliquĂ©s rapidement, avec une mise Ă jour complĂšte prĂ©vue pour la version 12.8.0.0.
- Une analyse de compromission est recommandĂ©e mĂȘme aprĂšs lâapplication des correctifs.
(sources : lemondeinformatique.fr, bleepingcomputer.com, cert.europa.eu)
3- Chasse aux réseaux IPTV illégaux
Une opĂ©ration policiĂšre internationale appelĂ©e Operation Switch Off qui a mis fin Ă lâun des plus importants rĂ©seaux IPTV illĂ©gaux au monde. Ce rĂ©seau Ă©tait organisĂ© comme une vĂ©ritable infrastructure criminelle, diffusant des flux TV piratĂ©s Ă des millions dâutilisateurs tout en gĂ©nĂ©rant des revenus Ă travers des mĂ©canismes sophistiquĂ©s de fraude et de blanchiment dâargent.
đ Points clĂ©s de lâenquĂȘte
- LâopĂ©ration a Ă©tĂ© coordonnĂ©e par le parquet de Catane (Italie) avec lâappui dâEurojust, Europol et Interpol, ce qui souligne la dimension transnationale de lâaffaire.
- 31 personnes soupçonnĂ©es dâappartenir Ă ce rĂ©seau ont Ă©tĂ© identifiĂ©es comme faisant partie dâune organisation structurĂ©e.
- Des perquisitions ont Ă©tĂ© menĂ©es dans 11 villes italiennes, et des actions coordonnĂ©es ont eu lieu dans au moins 14 pays (dont le Royaume-Uni, lâEspagne, la Roumanie, le Canada, lâInde et dâautres).
- La structure illégale captait et rediffusait des contenus de plateformes majeures (Sky, Amazon Prime, Netflix, Disney+, etc.) sans autorisation, attirant une large audience mondiale.
- En Italie, lâopĂ©ration a perturbĂ© prĂšs de 1 000 revendeurs et interrompu les services pour plus de 100 000 utilisateurs, tandis que des millions de personnes ont Ă©tĂ© affectĂ©es dans le monde selon les autoritĂ©s.
đ° Fraude, blanchiment et cryptomonnaies
Lâarticle met aussi en lumiĂšre la dimension financiĂšre et criminelle du rĂ©seau, montrant comment les suspects utilisaient :
- des cryptomonnaies,
- des sociétés écrans,
- et des actifs fictifs enregistrés,
pour masquer les profits générés par la diffusion illégale des contenus.
đ Contexte et Ă©lĂ©ments complĂ©mentaires
Pour mieux saisir lâimportance de ce dĂ©mantĂšlement, voici quelques Ă©lĂ©ments de contexte tirĂ©s dâautres sources :
- 1- Une action coordonnĂ©e Ă lâĂ©chelle mondiale
- Des mĂ©dias internationaux confirment que Operation Switch Off est une action conjointe entre plusieurs pays contre des rĂ©seaux IPTV dit âindustrial-scaleâ. LâopĂ©ration a ciblĂ© des infrastructures entiĂšres, pas seulement des sites isolĂ©s, ce qui est rare dans la lutte contre le piratage vidĂ©o.
- 2- Arrestations au Royaume-Uni
- En parallĂšle Ă cette opĂ©ration globale, la Police Intellectual Property Crime Unit (PIPCU) au Royaume-Uni a arrĂȘtĂ© quatre personnes Ă Manchester et saisi des serveurs dans le cadre dâune action contre une autre grande opĂ©ration IPTV illĂ©gale estimĂ©e Ă ~750 000 ÂŁ.
đ Quâest-ce que lâIPTV illĂ©gale ?
LâIPTV illĂ©gale consiste Ă retransmettre ou redistribuer des chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision ou des contenus protĂ©gĂ©s par droits dâauteur sans autorisation des ayants droit. Cela peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© via des serveurs pirates, des rĂ©seaux peer-to-peer ou des services web non autorisĂ©s.
Selon le droit français et européen :
- lâaccĂšs conscient Ă des contenus piratĂ©s peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme du recel de contrefaçon.
- la peine potentielle peut aller jusquâĂ 5 ans dâemprisonnement et 375 000 ⏠dâamende pour les utilisateurs et opĂ©rateurs selon les juridictions concernĂ©es.
đ§ Pourquoi cette opĂ©ration est importante
- Dimension criminelle industrielle : ici, il ne sâagissait pas dâune simple petite plateforme pirate, mais dâune infrastructure complĂšte organisĂ©e comme une entreprise avec serveurs, revendeurs et systĂšmes de blanchiment.
- CoopĂ©ration internationale renforcĂ©e : lâaction coordonnĂ©e de multiples pays montre une volontĂ© accrue des autoritĂ©s de lutter contre la piraterie numĂ©rique Ă grande Ă©chelle.
- Impact sur les modĂšles Ă©conomiques des pirates : fermer des services qui desservaient des millions dâutilisateurs perturbe significativement les circuits de distribution illĂ©gale.
(sources : zataz.com, telecompaper.com, cityoflondon.police.uk)
đŻ Conclusion
La semaine du 2 au 8 février 2026 illustre une cybersécurité en mouvement, marquée par :
- Des réponses institutionnelles plus fermes en France,
- Des enquĂȘtes approfondies sur la fraude numĂ©rique,
- Des attaques coordonnĂ©es et gĂ©opolitiquement motivĂ©es Ă lâinternational,
- Et des dĂ©fis technologiques croissants liĂ©s Ă lâusage de lâIA.
La convergence de ces faits montre que les acteurs publics comme privĂ©s doivent renforcer leurs stratĂ©gies de sĂ©curitĂ©, intĂ©grer des approches basĂ©es sur lâIA dĂ©fensive, et coopĂ©rer au-delĂ des frontiĂšres pour faire face Ă la criminalitĂ© numĂ©rique en constante Ă©volution.